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Parce que c’était elle. Parce que c’était moi.

Parce que c’était elle. Parce que c’était moi. - David Horton

Vous rappelez-vous de vos premiers moments avec votre « moitié » ? J’en ai moi-même un souvenir indestructible, tant cela a démarré de manière insolite ! Même si nous sommes mariés depuis maintenant plus de 10 ans, le moins que l’on puisse dire, c’est que le destin ne nous a donné du fil à retordre.

Je fais partie de ces hommes réservés, voire discrets, qui ont du mal à manifester leurs sentiments de peur de décevoir ou de paraître ridicule. Notamment lors d’une première rencontre. En clair : si j’ai la chance de me trouver face à une jolie jeune fille, et que j’ai envie de faire sa connaissance, je vais tout faire pour qu’elle n’en sache rien.

C’est ce qui s’est passé le jour où j’ai croisé le chemin de cette ravissante blonde aux jambes interminables : ma femme.

Comme beaucoup de citadins, je n’utilise jamais ma voiture pour me déplacer en ville. J’y habite, j’y travaille et le moyen de transport le plus approprié pour gagner du temps et de l’argent, (les stationnements étant hors de prix), c’est bien sûr, le métro.

Tous les matins à la même heure, après avoir avalé mon premier café au bistrot du coin, et parcouru les gros titres de mon journal préféré, je m’engouffre dans la bouche de métro à deux pas de chez moi pour me rendre à mon bureau.

La plupart du temps, plongé dans mes pensées, je suis peu préoccupé par ce qui se passe autour de moi. Et inévitablement, je somnole durant tout le trajet au rythme chaotique des wagons en mouvement.

Mais pas ce jour-là. Non, ce jour-là, j’étais bien réveillé et un brin stressé. Dans moins d’une heure, je devais animer une réunion très importante avec mes collaborateurs. Pressé et de mauvaise humeur, j’arrivais en trombe sur le quai de la station où je descends, bousculant les voyageurs moroses en m’excusant à peine. C’est alors que je l’ai vue. Belle, élégante, ailleurs. J’étais subjugué. Impossible évidemment de la dévisager. Je me serais trop exposé. Nous sommes entrés dans le même wagon et bizarrement, elle s’est assise juste en face de moi. À mon grand regret, elle n’a pas levé une seule seconde les yeux de son bouquin. Je n’ai pas cherché à l’y aider.

Quelques stations plus loin, elle avait disparu.

Le plus étonnant dans cette histoire, c’est qu’à partir de ce jour, nous avons fait ce voyage régulièrement presque côte à côte, au moins trois fois par semaine, (bon, je m’arrangeais toujours pour arriver un peu à l’avance et la guetter). C’était pour moi, le meilleur moment de la journée. Et le plus exaltant aussi.

Elle ne m’a jamais remarqué. Moi, je ne voyais qu’elle. En même temps, je ne faisais pas trop d’efforts pour me distinguer des autres passagers. J’aurais bien aimé esquisser un sourire, ou dire deux mots qui tiennent la route, mais ma timidité maladive m’en empêchait. J’étais invisible. Et quelque part, je crois que ça me convenait parfaitement.

Un jour, n’y tenant plus, j’ai décidé de passer à l’action. Bon, je ne suis pas très fier de ce qui va suivre, mais celui qui n’a jamais fait de gaffe, me jette la première pierre.

Je l’ai suivie.

En sortant du métro, alors qu’elle marchait à grands pas, j’avais le cœur qui battait à 200 mille à l’heure. Nous avons parcouru ensemble quelques rues (enfin, je veux dire, elle, loin devant, et moi, juste derrière, à la façon,  « détective privé », mais en moins futé, et elle est entrée dans un immeuble somptueux où régnait une atmosphère cosy et feutrée. Comme elle saluait tout le monde dès son arrivée, j’en ai conclu qu’elle travaillait là, et j’ai décidé de faire ma petite enquête pour savoir qui elle était. Eh bien, vous me croirez ou non, mais j’ai réussi à connaître son identité !

De retour au bureau, je n’avais plus la tête à mes dossiers. J’ai donc décidé de passer à la vitesse supérieure. Mon petit égo (tout petit) n’allait pas s’en remettre si je ne tentais pas quelque chose ce jour-là. Lui téléphoner ? Non, trop familier, alors que nous ne nous connaissons pas encore. L’attendre au coin de sa rue et l’aborder quand elle quitterait son bureau ? Trop prématuré.

J’ai finalement eu envie de lui écrire. J’ai donc opté pour la livraison de courrier à lui remettre en main propre, pour lui déclarer ma flamme par procuration. Je ne pouvais plus attendre. Il fallait qu’enfin, je lâche prise et que j’assume mes sentiments pour elle. Quelques heures après (et 25 essais qui ont fini dans ma poubelle déjà bien pleine !), j’ai réussi à pondre une jolie lettre (j’ose espérer). J’ai appelé un coursier, je lui ai donné ma missive et j’ai soufflé. Je n’avais plus qu’à attendre.

Pour la petite histoire, j’ai appris plus tard qu’elle n’a jamais reçu cette lettre. Peut-être que quelqu’un d’autre l’aura lu, ou que ce billet doux aura atterri au panier lui aussi. En tout cas, nous avons mis un long moment à nous parler. Car après cet épisode hardi, je n’ai plus jamais posé mon regard sur elle dans le métro, tant j’étais mort de honte. Jusqu’au jour où bizarrement, j’ai osé. Et où elle a souri quand je lui ai proposé de prendre un café avec moi. Et c’est là que tout a commencé.

À propos de l’auteur :

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Grand amateur de hockey, je suis aussi comblé dans ma vie personnelle. En effet, je suis un homme marié des plus comblé. C’est une femme merveilleuse qui me laisse tout l’espace nécessaire pour que je puisse être moi à 100%. J’ai aussi une famille merveilleuse qui teinte le contenu de ce blogue! Car ce blogue, c’est d’ailleurs cette façon de décrocher du quotidien en m’exprimant et en vous partageant mes tranches de vie. J’espère que vous apprécierez! N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires. À très bientôt!